jeudi 6 août 2026

ETM1810/M/A: Test et première étude

Un modem ETM1810/M a été mis en vente sur eBay il y a quelques temps. La documentation sur ce matériel est inexistante hormis la description détaillée proposée sur le site CryptoMuseum. Cette documentation m'a confirmé l'intérêt de cet équipement en particulier dans sa version la plus étendue dite 'ETM1810/M/A'.

La référence à la version n'apparaît que sur le coté de l'équipement, et encore. Elle était ainsi absente sur l'équipement en vente. Cependant, l'étude des NSN présentés sur Cryptomuseum laissait entendre que le modèle alimentée en 24VDC n'existait que sur la version étendue. 

J'ai donc fait le pari d'obtenir la version étendue en achetant les yeux fermé ce modem d'autant que le prix était dérisoire au regard des prix pratiqués sur d'autres modems presque équivalents notamment chez Harris.

Sitôt reçu d'Allemagne aujourd'hui, sitôt ouvert: il s'agit bien de la version étendue disposant de deux cartes comportant en tout 5 DSP Texas. Une alimentation 19V de PC en stock est aussitôt convertie pour alimenter l'équipement qui annonce une version logicielle 'JET', soit la dernière version référencée sur CryptoMuseum. Cette version propose 12 formes d'onde chargées en Mémoire Flash.

Après mise sous tension et premier autotest, le modem est démonté pour accéder aux EPROM présentes sur la carte de base. Le code est copié pour sauvegarde et étude. Une réflexion va devoir être menée pour copier le(s) code(s) en mémoire flash. Si une telle commande n'existe pas, il me faudra implémenter une fonction de dump vers la liaison console dans le firmware original.

Pour cela, le firmware est reconstitué (les EPROM 8bits sont sur un bus 16bits) puis chargé sous Ghidra. Le processeur utilisé est un CPU dédié MC68302. Ce modèle n'est pas totalement intégré dans Ghidra mais un désassemblage en tant que 68300 devrait permettre de découvrir les premiers secrets de ce firmware assez remarquable si l'on en croit la description faite par Cryptomuseum.

Ma femme reste toujours étonnée de cette approche sur un matériel fonctionnel mais tout analyste ou reverseur connaît cette fièvre proche de celle d'un chercheur d'or qui vous prend et ne vous lâche plus tant que, a minima, les principes n'ont pas été compris.

Plus de 453 chaînes de caractère sont rapidement détectées qui confirment:
- le rôle d'orchestrateur du CPU,
- une capacité de chargement en format S-Record (skipping S-Record with address %p at line %d),
- la version du système (*ETM Version 2JR1123),
- des messages de traces du fonctionnement (HDR cmd %s sent to DSP %d),
- plusieurs listes de commandes avec une aide complémentaire,
- des chaînes cryptiques (veR$oisi1 :n$ 7., SCR$elifps :rtc1 c.l) symboles d'assemblage ?

En revanche, je n'ai trouvé aucune information sur l'utilisation d'un éventuel OS temp réel, ni référence aux messages affichés concernant les protocoles et modes de fonctionnement dans ce code. Ceci laisse entendre que ces informations sont intégrés dans les modules dédiés et transmis sur demande au processeur central.

La suite va consister à étudier le hardware (présence de mémoires double accès, de Ram dédiée à chaque DSP, de mémoire flash, de deux EPLD...), interfacer l'équipement en mode 'console' et à tester les commandes déjà découvertes.

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