jeudi 8 mars 2012

T264: Un récepteur 'Made In France'

Ma collection s'est enrichie (merci Henri) de l'un des premiers récepteurs Nardeux T.264 du moins si j'en crois son numéro de série et la date du firmware (1985). Ce modèle ne diffère guère de l'autre récepteur en ma possession (firmware de 1989) à deux exceptions près: la tropicalisation des cartes du premier et le changement du fournisseur des condensateurs chimiques. Un changement devenu source de problèmes, les condensateurs du second fournisseur montrant des signes de faiblesse notamment une fuite de l'électrolyte.
Le redémarrage de ce récepteur a nécessité quelques interventions techniques dont l'ajustement de certaines des tensions d'alimentation détectées trop élevées par les fonctions de diagnostic (9.2V au lieu de 9V et 15.4V au lieu de 15.2V) ainsi que le changement d'un condensateur de filtrage et d'un transistor de commande dans le préselecteur. Le test complet se déroule désormais sans erreur, il restera à valider au générateur HF la bonne tenue des spécifications.

Le Nardeux T.264 est un appareil 'Made in france' comme l'indique la sérigraphie et comme le rappelle aussi la fonction de test N°99. Celle-ci joue en effet 'La Marseillaise' si l'on a pris soin de positionner auparavant le commutateur de sélection de la sortie audio sur la position 0. En l'absence de tout synthétiseur, ou générateur de fonction, les notes sont générées par le biais d'un signal logique modulé en largeur d'impulsion (PWM) comme cela était aussi le cas sur les ordinateurs personnels de l'époque dont l'Apple II. Le résultat est pour le moins étonnant, et plus encore, le changement dans le tempo que l'on observe entre les deux versions du firmware: rapide en 1985, plus lent quatre ans après...


video

Pour le reste, l'appareil est bien pensé tant sur le plan fonctionnel que mécanique. Ce dernier point mérite d'ailleurs d'être souligné au regard de la conception en usage dans les années 1980. Nardeux a ici choisi de s'appuyer sur un rack 19" industriel standard, la face avant étant découpée pour venir s'insérer à la place de ce qui est généralement le panneau arrière. Constitué de profilés et de panneaux en aluminium, l'ensemble se démonte intégralement, des poignées jusqu'aux glissières de fixation des cartes. La volonté de standardisation a été poussée à l'extrême, les panneaux argentés de blindage des cartes étant tous identiques.


L'accès aux fonctions d'exploitation fondamentales (mode, filtre, fréquence) s'effectue par le biais de boutons poussoirs dédiés, certains portant une signalisation de rappel de l'état. L'équipement est d'autant plus agréable à utiliser qu'il offre une large gamme de filtres - 6 filtres: 150Hz, 300Hz, 600Hz, 1500Hz , 3kHz  et 6kHz, de modes - CW, TTY, AM , LSB, USB, ISB (option) ainsi qu'un préamplificateur - +6dB et +12dB. Il couvre la bande HF de 100kHz (10kHz en option) à 30MHz, dispose d'un démodulateur FSK et d'une interface boucle de courant pour le raccordement d'un Telex et peut-être télécommandé (option) et même être mis sous tension à distance. Il ne dispose cependant pas d'une fonction pourtant souvent présente sur les équipements professionnels de ce type: le verrouillage de la fréquence sur la porteuse (AFC).
 
Le T.264 est affecté d'un défaut  de conception rédibitoire pour qui veut exploiter cet appareil à fond, notamment en mode télécommande: les afficheurs et indicateurs lumineux sont gérés par le processeur, un 6802, sans aucune mémorisation d'état intermédiaire, la tâche de rafraichissement n'étant pas prioritaire. Qu'un bouton poussoir soit maintenu appuyé trop longtemps ou qu'une commande prenne un peu trop de temps à être traitée, et l'affichage de la fréquence sera figé, voir réduit à un seul chiffre.

Ce récepteur a notamment équipé le service de presse des ambassades Françaises.

lundi 5 mars 2012

Divers: Connectivité IPV6 SIXXS

Le protocole IP Version 4 dit 'IPV4' est limité par sa capacité d'adressage laquelle ne permet plus l'attribution d'adresses publiques au regard de la phénoménale croissance de l'Internet durant ces dernières années. Un phénomène qui n'est pas encore perçu par l'usager mais pose désormais de réels problèmes chez les opérateurs, et plus largement chez tout exploitant d'un grand réseau.

Spécifiée à la fin des années 2000, la version 6 du protocole IP dite 'IPV6' utilise des adresses codées sur 128bits en lieu et place des adresses de 32bits de la version 4. Le problème de la capacité d'adressage disparait mais avec lui aussi, hélas, la facilité de mémorisation d'une adresse.

Essayez donc de mémoriser l'adresse IPV6 '2a01:240:fe00:1d2::2'. Il est bien plus facile de se souvenir d'une adresse IP V4 telle que '83.112.73.223'.
Le déploiement de ce protocole à grande échelle étant inéluctable, je me suis enfin décidé à étudier de près celui-ci, et rien ne vaut pour cela la mise en place d'une maquette grandeur réelle. Mon fournisseur d'accès - Orange pour ne pas le citer - n'offrant toujours de connectivité IPV6 native, j'ai opté pour la mise en place d'un tunnel entre mon serveur FreeBSD et le réseau IPV6 en m'appuyant pour cela sur les services de l'organisation SIXXS.
Moins d'une journée plus tard, après l'acceptation de ma demande et la création d'un tunnel, mon système était connecté et je pouvais commencer à découvrir l'étendue du problème: nouvelles commandes, nouvelles habitudes à acquérir, applications à recompiler sans oublier la nécessaire désactivation de certains services un peu trop prompts à répondre automatiquement sur ce nouveau protocole. Dans la configuration retenue, mon serveur n'est en effet plus protégé par les filtres installés sur le routeur d'accès, le protocole IPV6 étant encapsulé dans un tunnel IPV4. Quelques heures plus tard, et une déclaration ad hoc dans le DNS, mon serveur WEB Apache répondait aux premières requêtes en provenance de ce nouveau monde.
 
Il me reste encore beaucoup à faire et à découvrir mais cette première approche confirme ma crainte initiale sur la difficulté que l'on rencontrera pour bien appréhender cet environnement encore bien trop jeune au regard du manque de retour d'expérience à grande échelle.
 
Pour ceux qui disposeraient d'un accès IPV6 natif, mon site est accessible ici. Pour les autres, il est possible d'utiliser une passerelle IPV4/IPV6 publique telle que celle proposée par SIXXS et d'y accéder par .