samedi 2 avril 2011

SPE5: Et d'une autre !

Une machine finie, une autre arrive pour réparation. Pas le temps de soufler mais celà vaut mieux, j'ai encore en tête le fonctionnement et les astuces de démontage. L'alimentation -48V ayant été installée et la résistance chutrice d'origine HS remplacée par une résistance de puissance, il est temps de mettre sous tension la machine.

Hélas, l'embrayage du traducteur ne fonctionnement pas, et l'une des barres de sélection n'est pas activée bien que son électro-aimant soit correct. Ce dernier problème est bien vite résolu par un nettoyage énergique au dégraissant de chaîne à vélo afin d'éliminer toute la graisse qui, figée par le temps, bloquait la mécanique.
La résolution du problème d'embrayage a demandé un peu plus temps, la panne étant finalement localisée au niveau de la carte de pilotage de cet électro-aimant. Après remplacement d'un 2N2907A, la machine reprend vie.


Un autre problème apparaît cependant, l'émetteur automatique d'indicatif refusant de démarrer sauf à forcer le positionnement de l'électro-aimant pilotant celui-ci. Le remplacement de deux autres 2N2907A sur la carte de pilotage permet de finaliser le rédémarrage de cette machine.


Les concepteurs de cette machine avaient vu juste en construisant les bascules logiques et les fonctions d'asservissement autour d'une seule et unique référence de transistors, TGN pour les modèles SPE5 et SPE5R, 2N2907A pour les modèles SPE5A et SPE5B. Un transistor d'usage général que l'on a toujours en stock, et que l'on peut aisément substituer par un équivalent.


Celle-ci s'avère définitivement bonne pour le service après un test au banc d'essai.

mercredi 30 mars 2011

SPE5: C'est reparti...

Le moins que l'on puisse dire de la Sagem SPE5 est qu'il s'agit d'une machine robuste bien que bruyante. Robuste à condition toutefois de prendre soin de respecter les consignes d'entretien, et de démontage. J'ai ainsi cru pouvoir me dispenser de démonter le chariot, le perforateur, la corbeille pour enfin extraire le système de traduction et remplacer l'électro-aimant coupé. Mais non, rien à faire, celui-ci ne peut être extrait sans risque pour la fragile mécanique sans respecter toutes les étapes indiquées dans la notice.

Je ne peux que recommander d'opérer sur une grande surface, de disposer de clefs Allen de très très bonne qualité, d'un disque à scier au cas où une vis résisterait - la loi de Murphy est là pour confirmer que ce sera le cas - et de nombreux récipients pour recevoir les différentes pièces au fur et à mesure du démontage. Un appareil photo numérique sera bien utile pour repérer la position de certains éléments.
Il faut compter quatre bonnes heures pour mener à bien cette opération la toute première fois, le temps de comprendre la notice de démontage, de desserrer ces foutues vis six-pans creux, d'extraire chaque sous-ensemble dont en particulier la perforatrice, de réparer l'électro-aimant, de vérifier le bon fonctionnement du mécanisme de libération de chacune des barres de sélection avant remontage, de remonter, et ... de trouver d'où peut bien provenir la pièce qui reste sur la table quand tout est remonté !


Je m'y suis mis à 20h15 pour finir à minuit largement passé mais avec la joie d'avoir une machine de nouveau fonctionnelle. Il me restera à fixer le groupe d'impression pour l'instant juste posé sur les silentblocs, à tendre la courroie, et pourquoi pas, si j'en trouve le temps, à vérifier ses performances à l'aide d'un équipement de test spécialisé.
Je pourrais ensuite installer un interrupteur général, celui-ci étant, dans le cas de cette série de machines, installé sur le coffret de liaison externe.
Et pour la suite... il me reste une SP5R (machine réceptrice donc sans clavier) à redémarrer et surtout à trouver encore un peu de place pour entreposer tous ces équipements.

lundi 28 mars 2011

SPE5: Panne du décodeur mécanique

Le télétype SAGEM SPE5A pour lequel j'ai réalisé dernièrement une alimentation -48V s'est avéré ne pas fonctionner correctement. J'ai donc décidé de jeter un oeil ce soir pour identifier l'origine du problème et voir s'il m'était possible d'y remédier rapidement.

Les symptômes sont les suivants:
1- la sélection Chiffre/Lettre n'est pas fonctionnelle: la corbeille ne se déplace pas,
2- le caractère imprimé ne correspond pas à la touche frappée.

Ces problèmes peuvent avoir pour deux origines: un défaut dans le système de décodage électronique (bascule non fonctionnelle) ou dans le système de traduction mécanique (électro-aimant coupé). La levée de doute est rapide, il suffit d'observer le changement de position des barres de sélection lors de la frappe de deux caractères dont le code est inverse l'un de l'autre, typiquement les caractères 'R' et 'Y'. Dans le cas présent, la barre N°2 reste immobile. La lettre 'Y' est correctement retranscrite, la lettre 'R' ne l'est pas. Ce défaut explique aussi le problème de la sélection Chiffre/Lettre.
Il peut être intéressant d'expliquer ici le mécanisme utilisé par cette machine pour transcrire un code constitué de 5 moments (5 bits en langage moderne) reçus en série et imprimer celui-ci.


Sur le plan mécanique, la tarduction est effectuée par le biais de cinq barres parallèles pouvant prendre deux positions. Un ressort placé sous chaque barre tend à ramener celle-ci sur la gauche en position de repos. En début de cycle, un système mécanique arme l'ensemble des barres en les déplaçant d'un cran sur la droite pour faire verrouiller chacune d'elle en position active par le biais d'un crochet. Chacun des 5 crochets est  commandé par un électroaimant dont l'activation libère la barre associée qui retrouve alors sa position de repos.
Chaque barre est divisée en 32 sections pouvant comporter une encoche ou un plein. Le lecteur attentif l'aura compris, chaque barre encode par sa position finale l'un des cinq moments du code Baudot, et une seule des 32 (2^5) sections verra les cinq barres présenter simultanément une encoche dans le même alignement. Cet alignement permet de sélectionner l'un des 26 leviers de frappe du symbole représenté par ce code, les autres positions étant utilisées pour manœuvrer des fonctions annexes, dont le déplacement de la corbeille Chiffre/Lettre.

Sur le plan électronique, chaque moment (bit) est échantillonné sur la ligne puis stocké dans une bascule électronique, laquelle commande l'électro-aimant associé à barre encodant ce bit.

On comprend alors aisément qu'un défaut dans l'un des cinq électro-aimants puisse générer une erreur de traduction. La vérification de la continuité de ces derniers sur le connecteur de raccordement confirme mes craintes, l'électro-aimant pilotant la seconde barre est coupé. Il me faut alors dégager le système de traduction pour accéder à celui-ci.

Murphy aidant, la coupure n'est pas située sur la connexion la plus accessible, celle qui termine le bobinage, m'amenant à devoir délicatement dégager l'autre connexion. Celle-ci me reste dans les mains, le fil de cuivre étant rompu au niveau de la soudure. Une observation sous la loupe montre des traces de corrosion quelques millimètres après la soudure. Un problème déjà rencontré sur des bobinages en fils fins dont je pense qu'il est provoqué par l'utilisation d'un flux décapant sur le vernis du fil émaillé qui, non neutralisé, fini par corroder le cuivre.
Commence alors un travail de précision effectué sous la loupe visant extraire, à l'aide d'une aiguille très fine, une longueur suffisante du fil du bobinage sans rien abimer d'autre. Un travail facilité, avouons le, par l'espace réservé lors du bobinage pour le passage de fils de raccordement. L'électro-aimant ainsi réparé subit plusieurs séquences de mise sous tension successives avec succès.
Je connais désormais le défaut, et je sais qu'il est possible d'y remédier avec un peu de chance et beaucoup de patience. Ces machines pourront donc encore fonctionner de longues années...
La soirée de demain sera consacrée au démontage/remontage du traducteur puis au test de la machine.